Pour en finir avec les grades

1 mars 2015

Les principes

La course aux diplômes

En France, pour enseigner dans un cadre bénévole, un BF (Brevet Fédéral) est requis ou à défaut une AFPE (Attestation Fédérale Provisoire d’Enseignement) ou un BIFA (Brevet d’Initiateur Fédéral d’Aïkido).

Pour les enseignants souhaitant être rémunérés, plusieurs diplômes sont acceptés : le CQP APAM option « Aïkido » (Certificat de Qualification Professionnelle Assistant Professeur d’Arts Martiaux), le BEES (Brevet d’Etat d’Educateur Sportif) ou le DEJEPS (Diplôme d’Etat de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport).

En plus de ces diplômes sanctionnant une aptitude à enseigner une discipline sportive, dans tous les cas un niveau 1er dan fédéral minimum est requis pour attester du niveau technique dans la discipline.

Diplôme

L’affichage au dojo est obligatoire


Les Dans, invention moderne

Les grades, tels que nous les connaissons actuellement, représentés sous forme de ceintures et de dans, ont été développés au Japon par Jigorō Kanō au début du 20ème siècle pour le judo. Ils ont été ensuite adoptés dans la plupart des arts martiaux contemporains.

Avant cela, et encore aujourd’hui dans certaines écoles traditionnelles, ce sont des certificats d’enseignement « menkyo kaiden » qui étaient attribués pour attester à la fois du niveau et de la capacité d’un pratiquant à transmettre ce qu’il avait appris de son maître.

menkyo kaiden

Les rouleaux du savoir

La grande différence entre ces deux systèmes, réside dans le mode d’évaluation du candidat. Dans le premier, qui est un système typiquement fédéral, l’examen se passe devant un jury alors que pour les grades d’école, c’est l’enseignant lui-même qui décerne le grade selon son propre jugement.


Une situation compliquée

La délivrance des grades dan en France est encadrée par la loi n° 84-610 du 16 Juillet 1984 désignant la CSDGE (Commission Spécialisée des DAN et Grades Equivalents) comme unique organisme habilité pour toutes les disciplines martiales.

Cette commission est donc en charge d’organiser les examens, de nommer les juges et de délivrer les précieux diplômes homologués par l’état dont un enseignant peut ensuite se prévaloir pour justifier de sa compétence technique.

Concernant l’Aïkido, les examens sont communs pour les 2 principales fédérations FFAB et FFAAA qui regroupent elles-mêmes d’autres fédérations plus minoritaires (Ghaan pour la FFAB, Aikibudo et Kinomichi pour la FFAAA).

Les jury d’examen sont donc paritaires (1 juge de chaque fédération) avec parfois des situations ou le manque de juges conduit à avoir 2 examinateurs de la même fédération.

Tourner le dos

C’est où qu’on va ?

La répartition des candidats étant tirée au sort, il est donc possible de se trouver dans une situation ou l’on se trouve évalué par une ou deux personnes ne pratiquant pas la même forme Aïkido et pouvant ainsi ignorer certaines spécificités enseignées aux candidats.


« Made in Japan »

Au sein de la maison mère au Japon, il existe également un système de grades dan délivrés par les descendants du fondateur pour les plus hauts grades (6ème et 7ème dan) et par leurs représentants à travers le monde pour les niveaux inférieurs.

Ces grades « Aïkikaï » sont reconnus dans toutes les écoles affiliées. Mais dans le système fédéral français ces grades sont purement honorifiques puisque seuls ceux délivrés par la CSDGE sont reconnus par l’état pour enseigner.

En France, très peu de maîtres sont habilités à délivrer des grades Aïkikaï. Les passages se font généralement sur suggestion de l’enseignant habituel du candidat, souvent à l’occasion d’un stage devant le senseï qui reste seul juge de sa prestation.

L’apanage du maître !

remise diplome doshu

Remise du 7ème dan Aïkikaï par le doshu (petit fils du fondateur)


Une belle mascarade

Il est de notoriété publique que les 2 principales fédérations d’Aïkido françaises ne s’apprécient guère. Malgré plusieurs tentatives dans leur histoire, elles n’ont jamais réussi à s’entendre sur un projet commun d’évaluation de leurs candidats respectant leurs identités propres.

Les tensions sont fréquentes, par exemple lorsque les pratiquants participent à des stages hors de leur fédération afin de s’imprégner des spécificités attendues à l’examen. Ils se heurtent alors bien souvent à des rejets voir des interdictions d’accès pures et simples.

Fut un temps les relations étaient à tel point tendues que l’état menaçait de trancher en les rattachant de force à la fédération de Karaté, avant de finalement accoucher de ce système d’examen qui les force à cohabiter.

On assiste donc à chaque session à des spectacles pitoyables ou les candidats sont parfois humiliés par un jury fermé ou incapable d’apprécier les différences techniques allant même jusqu’à chercher à recruter le candidat dans sa propre fédération pour lui « garantir le succès ».

Pas reçu

Un comportement « Gaulois » ?

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2 Réponses à “Pour en finir avec les grades”

  1. Antoine Dit :

    Re-bonjour,
    les « fédérations » que vous décrivez dans les deux « super-fédés » Ffaaa et Ffab sont plutôt des « groupes » en fait (aikibudo, kinomichi, Ghaan par exemple) même s’ils font parfois partie (aikibudo et kinomichi par ex.) de fédérations ou de groupes aux ramifications plus internationales.
    Par ailleurs, les jurys sont constitués par tirages au sort à partir de candidats formés à ces fonctions par les fédés, ce qui peut entraîner 2 de la même fédé dans le même jury, mais il ne s’agit pas nécessairement d’un manque de moyens humains.
    Cordialement, A.

    Répondre

    • aikipassion Dit :

      Bonjour Antoine,
      Je ne pense pas m’être trompé sur le terme de « Fédération » en désignant la FFAB et la FFAAA, puisqu’il s’agit du premier « F » de chaque sigle.
      J’ai bien précisé qu’il s’agissait d’un tirage au sort et ce que j’ai voulu exprimer, certes maladroitement, c’est qu’en cas d’insuffisance de juges dans notre fédération d’appartenance, alors le risque était plus grand de tomber sur un jury composé de 2 examinateurs de l’autre fédération, pas forcément très réceptif à un travail différent du leur.
      Il s’agit bien sûr d’une vision très personnelle et d’un détail ne reflétant pas l’ensemble du système ni l’ensemble des cas rencontrés, mais j’avais juste envie de le souligner.
      A+
      Arnaud

      Répondre

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