Ce qui est demandé

1 janvier 2015

Les principes

Erreur d’inattention

Il m’arrive bien souvent de m’arrêter en plein cours ou stage pour me faire cette remarque déconcertante : « mais, je ne suis pas en train de faire le travail demandé ! ».

Bien souvent il s’agit d’une simple inattention de ma part aux consignes de l’enseignant. Toutefois il peut arriver que je sois également peu réceptif à l’exercice, par fatigue ou tout simplement parce qu’il ne m’intéresse pas ou qu’il n’est pas en adéquation avec mes choix de pratique ou mes capacités physiques.

schtroumpf grincheux 

« Moi j’aime pas faire comme le prof ! »

Quelques soient les raisons, ne pas suivre le travail demandé est toujours problématique puisque l’enseignant adopte en général une pédagogie progressive où chaque exercice participe à atteindre un résultat précis.


Pas si facile !

L’apprentissage en Aïkido s’effectue par mimétisme. Les élèves reproduisent ce qui est montré et l’une des difficultés réside dans le fait que bien souvent l’exemple nous est donné en « miroir » (l’enseignant ou le partenaire est face à nous).

Cet exemple est généralement donné dans l’action. Cela implique de capter les différentes composantes d’une technique dans le mouvement avec des changements d’angles et surtout la présence d’un partenaire qui peut à certains moment masquer la vue.

Mouvement 

Voir ce qui est caché !

D’autre part, en fonction de son niveau, l’élève va porter son attention sur les éléments qui lui semblent le plus faciles à intégrer immédiatement. Les sujets ne manquent pas et arriver à les reproduire tous ensemble demande un maximum de concentration et de grandes facultés de coordination.

Ajouter à cela l’enseignant qui ne montrera pas exactement la même chose d’une exécution à l’autre et des partenaires de pratique qui peuvent eux aussi montrer ou expliquer dans le but d’aider les novices et vous comprendrez qu’il n’est pas si facile parfois de reproduire ce qui est montré…


Entêtés

Au cours de mes nombreux stages, j’ai bien souvent croisé des pratiquants qui choisissaient délibérément d’exécuter les techniques comme ils en avaient l’habitude et non comme l’enseignant le montrait.

Une des raisons à cela est que certains ne participent aux stages que dans l’optique de tamponner leur passeport afin de collectionner d’illustres signatures ou d’obtenir les conditions requises pour se présenter à un examen.

Dans le fond, ce choix démontre un manque d’intérêt flagrant pour l’enseignant qui se donne la peine de partager un travail particulier qu’il a sûrement mis lui-même des années à façonner.

Passeport 

La course au tampon !

D’autres viennent à plusieurs d’un même club et pratiquent uniquement entre eux, ignorant les invitations d’autres personnes. Une marque d’irrespect envers les pratiquants cette fois, qui les prive à coup sûr d’échanges très profitables pour leur progression.

Derrière ces comportements égoïstes se cachent bien souvent la peur, celle de l’autre, de se trouver confronter à l’échec. La recherche de la facilité pour cumuler les grades sans aucune recherche personnelle, un Aïkido fade et sans relief.

 

S’adapter au partenaire

Parfois on ne peut tout simplement pas faire la technique telle qu’elle est souhaitée par l’enseignant car le partenaire n’est pas capable ou assez expérimenté pour la suivre ou la subir.

Rares sont les pratiquants qui n’ont pas un point faible, un reste d’appréhension ou tout simplement des petits défauts. Il suffit de se rendre à un stage d’une autre fédération pour découvrir une manière de pratiquer différente qui bousculera nos habitudes et révèlera un point de faiblesse à travailler.

Talon d'Achille 

Tout le monde a son « talon d’Achille »

 

La recherche personnelle

Traditionnellement, on distingue 3 étapes successives dans l’apprentissage d’un art martial :

SHU (“obéïr”, « imiter ») : Apprendre les fondamentaux, étape ou l’on cherche à reproduire ce qui est montré.

HA (“se détacher”, “digresser”) : Se détacher de ce qu’on a appris, étape ou l’on cherche de nouvelles approches, formes ou variantes.

RI (“quitter”, “se séparer”) : Transcender, dépasser ce que l’on a appris, étape ultime ou l’on crée librement sur la base de son savoir.

Ces étapes ne sont évidemment pas figées dans le temps et n’ont pas forcément de lien avec un grade. Elles diffèrent en fonction des personnes et c’est à chacun de prendre conscience qu’il est prêt à passer progressivement à l’étape suivante.

Ainsi est-il tout à fait envisageable de s’accorder dans sa pratique un temps de recherche personnelle pour travailler « autour » des techniques et des formes enseignées, mais cela suppose bien entendu d’avoir d’abord compris et essayé le travail demandé par l’enseignant.

Plus vite que la musique 

Aller plus vite que la musique !

 

Simple curiosité

Après avoir pratiqué à haut niveau le billard et pendant toute ma vie divers instruments de musique, je me suis rendu à l’évidence que la monotonie est le pire ennemi de la progression.

Concernant l’Aïkido, j’aime donc à penser que pour comprendre une technique et en maîtriser l’exécution, il est important d’explorer au-delà de ses limites, quitte à se mettre dans l’erreur ou en échec. C’est plus que de la simple curiosité, c’est le souhait de ne pas se rendre dépendant d’une certaine façon de pratiquer répétitive.

Car il faut bien garder à l’esprit qu’il n’existe pas une seule façon de pratiquer, une forme « ultime » qui serait la vérité héritée d’O. Senseï (« Grand maître », terme désignant le fondateur) et transmise, telle un Graal, à une poignée d’élus.

Déséquilibrer un débutant ou un gradé, une personne chétive ou une force de la nature sont autant de cas de figure à explorer pour se rendre compte qu’il n’y a pas de secret ou de « martingale » qui fonctionne sur tout le monde.

https://www.youtube.com/watch?v=k2axeva_RlQ

L’art de l’adaptation (à regarder jusqu’au bout !)

L’adaptation est primordiale et de l’aveu même de certains hauts gradés avec qui j’ai pu échanger, il arrive malgré tout qu’une technique ne fonctionne pas et que l’on doive se montrer un temps soit peu « malin » ou « inspiré » en sortant du cadre de ce qui est demandé…

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4 Réponses à “Ce qui est demandé”

  1. Laurent Dit :

    En ce moment à la FFAB ils sont Shu mais franchement pas choux. Et moi j’ai très envie d’être Ri, ne riez pas. ^^
    Ha mais je m’égare.

    Répondre

  2. Fred Dit :

    Il y a t’il une étape de silence (d’écoute, d’observation) dans l’apprentissage ? Comment s’appellerai t elle ? Je trouve qu’en matière d’apprentissage, on ne ferme jamais trop sa bouche et j’aimerai pouvoir mettre un nom japonais sur cette pratique que j’affectionne :D Est ce inclus dans le SHU ? J’ai cru comprendre qu’à l’ancien temps, les élèves des écoles d’art martiaux devaient patienter et observer très longtemps avant d’être autorisé à apprendre.

    Répondre

    • aikipassion Dit :

      Salut Frédé,
      Honnêtement, je ne saurais te dire si il existe un terme précis en Aïkido pour désigner cela, mais le silence est bien souvent utilisé dans la pédagogie car notre discipline doit avant tout être apprise par le corps (observation et mise en application) et non par l’esprit (explication, commentaires, corrections…).
      Qui sait, cela pourrait faire l’objet d’un prochain article mais en attendant, il y a un très bon texte sur ce blog : http://iaidoka.free.fr/index.php?page=aikido/articles/silence
      Il résume assez bien mon avis sur la question avec cette belle conclusion habituellement associée à la musique de Mozart :
      « Ce qu’il y a de merveilleux dans l’Aïkido, c’est que le silence qui précède le mouvement, c’est déjà de l’Aïkido »
      Bises,
      Arnaud

      Répondre

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