Randori

1 décembre 2014

Les principes

Place à l’action !

Le randori est un exercice de mise en application des principes enseignés au travers des techniques. Il consiste à travailler contre plusieurs partenaires attaquant « à volonté » pendant un court laps de temps.

Il peut être pratiqué contre un nombre variable de partenaires (en général 2 ou 3) et peut être limité à un certain contexte : saisie aux poignets, aux coudes, aux épaules, et même parfois attaque libre avec ou sans arme.

randori

Apprendre à gérer la succession d’attaquants !

Cet exercice n’est pas simplement un test destiné à mettre à l’épreuve les pratiquants dans des conditions stressantes. Il a un réel intérêt pédagogique permettant de développer des qualités essentielles chez le pratiquant.

 

Distance, vigilance et rythme

Le randori est avant tout un excellent exercice de self-contrôle qui pousse le pratiquant à gérer son stress, son effort mais aussi des qualités essentielles telles que la distance et le timing (ma-aï), et surtout la vigilance (zanshin).

cowboy 

Le randori, l’art de la vigilance !

S’il veut garder le contrôle, Tori doit chercher à imposer son propre rythme, ce qui, dans le cadre pédagogique du dojo, sera en général suivi par les Uke. Puis Tori devra aller vers ses partenaires pour éviter de subir et se faire encercler ou enfermer.

Le but de l’exercice n’est pas de réaliser des techniques abouties, car cela prendrait trop de temps et laisserait Tori à la merci de l’attaquant suivant. Les techniques les plus courtes et simples seront donc les plus adaptées en privilégiant les sorties de ligne d’attaque.

Il faut avant tout éviter la confrontation et chercher à se défaire d’un adversaire le plus rapidement possible pour porter immédiatement son attention vers un autre comme dans ce travail de Isseï Tamaki où l’on voit qu’à peine le contact établit il cherche immédiatement du regard l’attaquant suivant.

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Isseï Tamaki travaillant avec son frère Léo.


Anticipation et stratégie

Contre 3 partenaires ou plus, le problème est tout autre. Même avec un bon sens du timing et une grande rapidité d’exécution, on peut rapidement se trouver débordé par le flot des attaques qui peuvent potentiellement venir de toutes parts.

Il devient donc impératif de devenir stratégique, par exemple en se servant du partenaire que l’on projette pour gêner les autres. Cela aura pour effet de les freiner et gagner de précieuses secondes qui permettent de se replacer et se préparer au suivant.

Ce principe est parfaitement illustré dans cette courte vidéo d’un randori exceptionnel de Brahim Si Guesmi, 6ème dan, ou il fait preuve d’un sens aigu de l’observation en projetant quasi systématiquement son partenaire vers un autre, même si celui-ci lui tourne le dos…

(Attention au volume sonore de la bande son !)

https://www.facebook.com/photo.php?v=455529181156629


Mise sous pression

Une autre façon de gérer la pression d’une attaque de plusieurs partenaires, est de leur retourner la pression qu’ils cherchent à exercer sur nous.

Un des moyens possibles est de raccourcir la distance avec le partenaire afin d’éviter le développement de l’attaque et l’intercepter au plus tôt, voir l’anticiper.

Un autre moyen consiste à avancer vers le partenaire et le contraindre ainsi à reculer et l’obliger ainsi à déclencher son attaque en situation défavorable, celle-ci devenant dès lors plus lisible et facile à gérer.

Ces deux principes sont présents dans la démonstration ci-après de Maître Nabuyoshi Tamura 8ème dan, et notamment à partir de la 2ème minute avec un travail au bokken (sabre en bois) ou il exerce une pression particulièrement forte sur son uke.

https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=Bpz4Zrjt7Bk#t=127

Pour l’avoir essayé au dojo à la demande de mon enseignant, ce travail est particulièrement difficile car il nécessite une très grande attention au moindre geste du partenaire et impose de raccourcir sa technique parfois au détriment de la qualité et de l’efficacité…


Des conditions réelles ?

Même si l’on parle de « mise en application », le randori reste néanmoins un travail pédagogique assez éloigné des situations que l’on peut malheureusement rencontrer dans la vie réelle.

Confronté à plusieurs adversaires, il est très improbable que ceux-ci attaquent les uns après les autres et il y a peu de chance pour qu’une simple technique soit assez dissuasive pour mettre fin à l’agression. Et quand bien même les attaques se suivraient, serions-nous capable d’en venir à bout ?

Je me rappelle pendant mon service militaire, notre caserne accueillait des canaques dans le cadre d’un accord entre l’état français et la Nouvelle-Calédonie. Ces personnes étaient très craintes car elles n’avaient strictement aucun respect pour l’autorité ni pour les règlements qu’elles bafouaient sans aucune sanction et parfois avec la plus grande violence.

Un jour où je rentrais de permission, j’ai croisé la route d’une centaine d’entre eux qui empruntaient le chemin inverse. Le 1er me heurta violemment de l’épaule et les suivants l’imitèrent, faisant de moi leur « boule de flipper ». J’ai rapidement choisi de marcher sur la route pour laisser le trottoir disponible !

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C’est quoi le texte ?

La méthode la plus fiable est encore d’éviter les situations à risque et lorsqu’on ne peut l’éviter, d’éviter tout regard, geste ou parole qui pourrait être interprété comme de la provocation.

A vrai dire je ne pense pas qu’il soit lâche d’éviter le combat lorsque le rapport de force est totalement démesuré. La vraie lâcheté selon moi est d’utiliser des moyens déloyaux pour obtenir la victoire.

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