Roland Gilabel – Le pédagogue souriant

6 juin 2013

Mes maîtres

L’homme fort du GHAAN

Parmi les Responsables Techniques Nationaux du groupe GHAAN, Roland Gilabel est sans doute celui qui impressionne le plus par son physique très imposant. Détenteur du 5ème Dan depuis 2007, il enseigne au club de Yerres (91) auprès d’un public mixte d’adultes et d’enfants.

Lorsque mon club l’invita à donner un stage en avril 2010, je fus d’abord surpris par le petit jeu de « chat » qu’il nous proposa à l’échauffement, consistant à toucher l’autre sans être touché. Puis il appela un partenaire pour nous montrer une première technique à travailler et là je fus saisi par sa pratique, propre, sans fioritures et d’une « légèreté » déconcertante pour une personne de son gabarit.

Cette première impression resta gravée dans ma mémoire et je me promis un jour de retourner voir ce personnage très jovial à l’allure bourrue mais haut combien trompeuse !

Roland Gilabel - Le pédagogue souriant dans Mes maîtres roland-gilabel-300x260 

Roland Gilabel (à droite), un gabarit imposant…

 

Changement de cadre

Fin 2011, les effectifs avaient considérablement fondus à Saint-Maur qui était privé de son maître puisque Jean-Pierre Datigny était sur le point d’être hospitalisé. En l’absence de partenaires expérimentés je ne trouvais plus entière satisfaction dans ma pratique qui se limitait bien souvent à aider les novices à intégrer les premiers rudiments. Je me mis donc en quête d’un autre dojo où compléter ma formation et retrouver du plaisir dans ma pratique.

Le club de Yerres se situant non loin de la maison, on me conseilla de contacter Roland pour venir à mi-temps. C’est ainsi que je fus accueillis chaleureusement à Yerres pour 1 cours hebdomadaire d’1h30 chaque jeudi.

Bien que durant 1/2 h de moins qu’à Saint-Maur, la séance était beaucoup plus intense. L’échauffement était court mais plus dynamique et laissait vite place à un cours ou Roland était plutôt économe d’explications mais très attentif à notre travail. Sur le tatami il était unanimement reconnu comme le référent unique ne laissant aucune place aux discussions ni aux critiques.

Il y avait régulièrement plus d’une quinzaine de pratiquants d’un niveau assez élevé et je fus même surpris de voir que les novices avaient rapidement assimilés les bases du déplacement et des chûtes en seulement 3 mois. L’ambiance était studieuse mais très détendue car Roland nous gratifiait de son sourire et de sa bonne humeur tout au long de la séance.

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Travailler dans la joie !

 

Un respect mutuel

Au fur et à mesure des séances, je pris goût à sa pédagogie consistant à montrer sans explications puis à nous laisser expérimenter par nous même avant de nous livrer les quelques commentaires qu’il jugeait utile par l’observation de notre travail. Il se montrait également très créatif en nous faisant pratiquer des exercices préparatoires et utilisait parfois les armes surtout comme support pédagogique.

Il confiait généralement l’échauffement à ses assistants ou à des pratiquants qu’il jugeait aptes à prendre en charge l’exercice, non pas pour s’en décharger mais pour habituer ses élèves à montrer et transmettre aux autres le plus tôt possible, les plaçant ainsi dans la position inconfortable, mais au combien humble, de devoir montrer l’exemple.

Pendant la séance, il demandait également à l’un ou l’autre de montrer une technique, soit parce qu’il l’avait vu parfaitement réaliser, soit parce qu’il avait remarqué une erreur dont tout le monde pouvait tirer enseignement, mais sans pour autant en accabler son auteur.

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Enseigner : l’art de la patience !

 

Les examens « kyu » (grades jusqu’à la ceinture noire) se déroulaient en marge du cours avec un jury de 2 gradés, ce qui était plus propice à la mise en confiance de l’élève qu’un passage en public. Ensuite, les candidats étaient soit mis à l’honneur ou se voyaient expliquer les axes à améliorer sans aucun jugement de valeur.

Cette esprit d’ouverture et ce sens de l’animation d’un cours lui valaient le respect et la fidélité de ses élèves qui trouvaient toujours une réponse précise et concrète au moindre de leur doute. D’ailleurs les gradés étaient nombreux et je fus même surpris de voir des 4ème Dan d’un excellent niveau continuer à assister à ses cours.


 

Laisser-agir

Dans sa pratique Roland démontrait toujours de façon soignée et méthodique, ne laissant aucune place à l’hésitation ou à l’à peu près. Il travaillait de manière très démonstrative et franche mais jamais violemment et chaque temps de la technique était respecté, le tout s’enchaînant de manière fluide et claire.

Mais en observant son travail je détectais 2 habitudes très intéressantes qui semblaient ancrées comme des principes fondamentaux et auxquelles j’adhérais immédiatement en les décrivant ainsi :

« Une technique doit toujours être conduite jusqu’au bout ». Peu importe si l’un ou l’autre des partenaires se trompe ou si un aléa survient, il faut toujours terminer le mouvement avec la même application.

« Laisser la technique jaillir d’elle-même ». La répétition des mouvements conduit parfois les partenaires à pratiquer de manière assez « automatique » et provoque bien souvent une baisse d’intensité ou de qualité. J’ai découvert grâce à Roland qu’il était bon parfois de se laisser aller à une technique imprévue dans le feu de l’action. Cela permet de casser cette routine et laisser son corps s’exprimer sans réfléchir à ce que l’on va faire tout en retrouvant l’attention de son partenaire.

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Roland Gilabel en action avec Christopher, un ami d’entraînement
 

Ce n’est qu’un au-revoir !

Après plusieurs mois passés au sein du club d’Yerres, je pris part au dernier cours de l’année qui se déroula à Fontainebleau avec conjoints et enfants. Pour l’occasion, Roland était accompagné d’un autre enseignant du club, Alain Flour, 5ème dan et président du GHAAN, qui était venu avec quelques uns de ses jeunes élèves.

Pour cette occasion spéciale il nous avait réservé un panel de techniques au « tambo » (baton court), très rarement utilisé en Aïkido et qui fut une grande première pour moi. Le cours fut suivi d’un pique-nique fort sympathique avec une météo clémente qui permit à ma petite famille de crapahuter dans les rochers.

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Cours en plein air en compagnie d’Alain Flour (à l’extrême droite)

 

Cette expérience au club de Yerres m’avait ravi en tous points et me plaça devant un dilemme très délicat : où irai-je pratiquer l’an prochain ? A Saint-Maur pour retrouver Jean-Pierre qui serait alors rétabli de son opération ou à Yerres pour retrouver mes nouveaux camarades avec qui je me sentais si bien ?

C’est finalement ma vie professionnelle qui trancha. Arrivé à saturation dans mon travail sur la région parisienne, je pris le taureau par les cornes et saisis une opportunité pour partir travailler à Bordeaux.

Je quittai donc à regret cette bonne ambiance et cet enseignant qui m’avait captivé et croisais les doigts pour retrouver un tel engouement dans mon futur dojo Bordelais…

Article publié avec l’aimable autorisation de l’intéressé.

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