Morihei Ueshiba et le génie de l’Aïkido

L’élève doué du Daïto-ryu

Né en 1883, Morihei UESHIBA pratiqua très jeune les arts martiaux parmi lesquels plusieurs écoles traditionnelles de jujutsu et d’armes dont la finalité était la préparation au combat.

Enrôlé dans l’armée en 1904, il participa au conflit Russo-Japonnais dans lequel il se distingua par sa dextérité dans le maniement de la baïonnette. Il quittera les rangs en 1907 pour retrouver le travail de la ferme et fonder une famille.

Morihei Ueshiba et le génie de l'Aïkido dans L'histoire de l’Aïkido sans-titre1

Morihei Ueshiba

C’est en 1915, à l’age de 32 ans, qu’il fit la première rencontre déterminante de sa vie en la personne de Sokaku TAKEDA, éminent maître de Daïto-ryu, dont il va devenir l’un des plus ardent élève.

Accueillant le maître à domicile à ses frais et consacrant tout son temps et son argent à l’entraînement, il deviendra l’un des élèves les plus doués de TAKEDA et recevra rapidement les autorisations d’enseigner le Daïto-ryu.

images Daïto-ryu dans Qu'est-ce que l'Aïkido

Sokaku TAKEDA

 

La révélation de l’Aïkido

En 1919, sur le chemin qui le conduit au chevet de son père mourant, Morihei UESHIBA fit la connaissance du révérant Onisaburo DEGUCHI, maître spirituel d’une secte en pleine expansion : Omoto-kyo. Cette rencontre marquera le début d’une lente et profonde transformation dans les techniques qu’enseignait maître UESHIBA et ce jusqu’à sa mort.

deguchi-osensei200 Morihei UESHIBA

En compagnie d’Onisaburo DEGUCHI (à gauche)

En 1922 il nomma son art « Ueshiba-ryu Aiki-bujutsu » puis « Aiki-budo » en 1925 après avoir vaincu un maître de Kendo « par l’esprit », sans combattre, mais en évitant chacune de ses attaque en visualisant la trajectoire des coups à l’avance. « bujutsu » signifiant « techniques guerrières » et  »budo » signifiant « voie de la guerre/art guerrier » on note déjà une évolution entre, d’une part une recherche d’efficacité pour vaincre, et de l’autre un attachement à la manière (voie/art) de vaincre…

Il gagna en notoriété grâce à ses démonstrations très réputées pour leur réalisme et surtout lors de défis que lui lançaient d’éminents maîtres de différentes disciplines (sumo, boxe, kendo, judo…) et qu’il remportait de manière si aisée que les maîtres qui l’avait défié, pourtant très compétent dans leurs domaines respectifs, devinrent eux-mêmes ses élèves les plus convaincus et dévoués.

morihei-ueshiba-aikido-003 O-Senseï« O Senseï » (Grand Maître) Morihei Ueshiba

Dans les années 1945, très investit dans l’agriculture, l’entraînement et la méditation et décida de renommer son art « Aïkido ». C’était le fruit d’un long travail « d’affinage » de son art qu’il dissémina à travers le monde par le biais de ses premiers et fidèles élèves, qui, chacun à leur manière, perpétuèrent un art que le fondateur enseigna jusqu’à sa mort en 1969 à l’age de 86 ans.

 

Le génie de l’Aïkido

La discipline qui nous a été légué par Morihei UESHIBA se définit comme La Voie de l’Union des Energies (« Ai » = union, « Ki » = énergie et « Do » =voie).

La finalité de l’Aikido n’est pas de s’opposer à l’attaquant en vue de le détruire mais de s’harmoniser avec lui pour utiliser la force de son attaque et l’amener au découragement par une projection ou un contrôle.

Cette harmonisation implique d’anticiper et de « lire » l’intention du partenaire afin de ne pas contrarier sa force mais au contraire de la dévier ou de l’amplifier afin de l’utiliser à son avantage. La réussite de la technique passe en général par un bon timing et beaucoup de précision dans le dosage de ses placements, déplacements et gestes afin d’apporter juste ce qu’il faut à l’attaque sans se mettre soi-même en situation de se livrer à l’autre.

2157289689_small_1-300x225 Onisaburo DEGUCHI

La maîtrise de ses gestes et déplacements est l’un des « secret » de l’Aïkido !

Du point de vue pratique, l’Aïkido est fortement issu du Daïto Ryu dont les techniques ont été « adoucies » pour permettre de préserver l’intégrité des pratiquants mais conserve malgré tout un caractère martial en mettant l’accent sur des contrôles articulaires interdisant tout mouvement ou la projection de l’opposant.

 

Mais cette discipline présente d’autres particularité notables :

L’Aikido est un des très rares budo qui peut être pratiqué par n’importe qui (homme, femme et enfant de 7 à 90 ans) et où, à l’inverse d’autres arts martiaux, le pratiquant affinera sa pratique dans le temps pour devenir de plus en plus efficace. La plupart des maîtres on pratiqué jusqu’à leur mort.

Il n’y a pas de compétition en Aikido car son fondateur souhaitait préserver la richesse de son art qui comporte un catalogue très vaste qui a été estimé à plus de 3000 techniques donnant lieu à plus de 30 000 variantes. Mais son fondateur se plaisait à dire que les techniques étaient infinies !

Enfin, l’Aikido est perçu comme une synthèse des nombreuses disciplines pratiquées par les Samouraïs dont Morihei UESHIBA comptait parmi les derniers héritiers.

L’Aïkido intègre de nombreux éléments communs aux autres budos majeurs du Japon en incluant des techniques à mains nues, aux armes, à genoux, permettant de se défendre contre de multiples formes d’attaques (frappes, saisies, étranglements…) mais aussi des éléments plus « internes » à la pratique martiale comme la transformation de l’utilisation du corps et l’usage de la force interne plus connue sous le nom de « ki » ou encore la connaissance biomécanique du corps et ses des points vitaux…

Sans-titre-300x134 Sokaku TAKEDA

L’action sur les points vitaux peut provoquer des séquelles irréversibles !

 

« Takemusu aïki »

Dans  sa progression, le pratiquant d’Aïkido va d’abord s’attacher à l’apprentissage des bases, puis va lentement se détacher de la technique pour pratiquer de manière la plus spontanée et créative possible. C’est le sens le plus communément admis du terme « Takemusu aïki » qui désigne le fait que « l’aïki » (union des énergies) est un principe fondamental et universel dans le monde des arts martiaux et que le but ultime est d’arriver à réagir dans l’instant, sans y penser, de la même manière que nous sommes capables de faire des choses aussi basiques que marcher sans avoir à commander à nos membre de le faire ni leur expliquer comment le faire.

Il faut bien entendu admettre que la perception d’un art aussi subtil que l’Aïkido s’affine tout au long de la vie du pratiquant et qu’il est donc possible que d’autres particularités me viennent à l’esprit un jour…

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